Baromètre d’alerte sur la situation des droits humains au Brésil 2020

Une publication de la coalition Solidarité Brésil

LUTTER N’EST PAS UN CRIME !
NOUS, ORGANISATIONS DE LA SOCIÉTÉ CIVILE FRANÇAISE,
SOMMES SOLIDAIRES DE LA SOCIÉTÉ CIVILE BRÉSILIENNE.

INTRODUCTION

Mobilisée depuis bientôt deux ans, la Coalition Solidarité Brésil poursuit son travail de sensibilisation en France et en Europe, en publiant la seconde édition du Baromètre d’alerte sur la situation des droits humains au Brésil. Regroupant 18 organisations de solidarité internationale agissant pour la défense de la démocratie, des droits humains et de l’environnement, la Coalition Solidarité Brésil se donne pour mission de faire écho aux cris d’alarme des organisations et mouvements sociaux au Brésil. Loin de se taire, ceux-ci se font toujours plus pressants. Le Baromètre est un outil qui a été créé pour mesurer cette pression subie par la société civile. L’année 2020 aura été marquée par la pandémie et ses conséquences dramatiques, au Brésil comme ailleurs. Au Brésil plus qu’ailleurs étant donné le contexte de crise multiforme préexistant à l’arrivée du virus. Celui-ci n’a fait qu’amplifier, exacerber, des inégalités et fragilités d’un système structurellement excluant. C’est ce que ce Baromètre nous montre. C’est avant tout un Baromètre d’alerte, qui cherche à faire connaître des informations et des données trop souvent « invisibilisées ». Des organisations de la société civile brésilienne sur le terrain travaillent à récolter ces données, à les analyser, avec grande rigueur, en porte-à-faux vis-à-vis d’un gouvernement qui au contraire les déforme ou les tait. Ce document est aussi un Baromètre qui parle des résistances, de ces acteurs sociaux qui au quotidien se mobilisent pour défendre la justice et les droits des populations. Des luttes concrètes qui se traduisent par des manifestations pacifiques, des combats juridiques ou législatifs, la création de collectifs ou de mouvements. Ce baromètre illustre la créativité et le dynamisme de la société civile qui ne baisse pas les bras face aux inégalités et aux violences structurelles. Tout comme pour sa première édition, la richesse de ce Baromètre réside d’une part dans son caractère généraliste (même s’il ne se veut pas exhaustif, il aborde 11 thématiques clefs), et d’autre part dans son lien aux acteurs de terrain, qui récoltent et produisent des données sur les violations des droits humains au quotidien.

> Publié en janvier 2021, mois qui marque le mi-mandat de la présidence de Bolsonaro, ce Baromètre peut faire office de bilan à mi-parcours des effets de la politique du gouvernement dans le domaine des droits humains. Le constat est sans appel : les violences, violations et inégalités ne font qu’augmenter, ciblant en particulier les populations historiquement les plus exclues, dont font partie les peuples autochtones et traditionnels, les communautés paysannes, les femmes, les populations noires, les personnes LGBTQI+, les habitant.e.s des périphéries…
La dernière semaine de janvier est aussi au Brésil dédiée à une mobilisation nationale contre le « travail esclave », en mémoire de la tuerie d’Unaí (Minas Gerais) ; elle est également marquée par la commémoration de la catastrophe provoquée en 2019 par la rupture du barrage de déchets miniers à Brumadinho, de l’entreprise Vale. Deux ans après ce drame, justice n’est pas encore faite, nous rappelant l’impunité qui entoure nombre des agissements des grandes entreprises multinationales. Quelques exemples évoqués dans ce Baromètre viennent rappeler la nécessité de l’existence et de la mise en application de mesures contraignantes concernant la responsabilité de ces entreprises.
Enfin, ce Baromètre est publié dans le contexte des discussions autour de la ratification de l’Accord entre l’Union Européenne et le Mercosur. Étant donnée la situation actuelle décrite dans ce Baromètre, la Coalition Solidarité Brésil craint que la signature d’un tel Accord ne fasse qu’entériner et aggraver les risques pesant sur l’environnement et les droits humains. A la suite de nombreuses organisations latino-américaines et européennes, elle s’oppose à la ratification d’un tel accord.
Ce nouveau Baromètre d’alerte sur la situation des droits humains au Brésil constitue donc un outil de conscientisation et d’interpellation. Il invite à se mobiliser aux côtés de la société civile brésilienne et à entrer en « Brésistance » !
  1. La coalition solidarité Brésil réunit 18 associations internationales de solidarités : Act Up Paris, Acteurs dans le monde Agricole et Rural (AMAR), Attac France, Autres Brésils, CCFD –Terre Solidaire, Centre d’études et d’initiatives de solidarité internationale (Cedetim), Centre d’étude du développement en Amérique Latine (CEDAL), Centre de recherche et d’information pour le développement (CRID), Comité des Amis des Sans Terre du Brésil, Comité de solidarité avec les Indiens des Amériques (CSIA-Nitassinan), Emmaüs International, France Amérique Latine (FAL), France Libertés, Internet sans frontières, Groupe International de Travail pour les Peuples Autochtones (GITPA), Planète Amazone, Red.br, Secours Catholique – Caritas France. 

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